Une femme compare un relevé bancaire et son tableau de suivi des cotisations et retraits de son CELI à sa table de cuisine.
Publié le 30 octobre 2026

Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) permet aux résidents canadiens admissibles d’accumuler de l’épargne et des placements dont les revenus sont généralement exonérés d’impôt canadien. Sa souplesse constitue un avantage important : les sommes peuvent être retirées pour financer une dépense imprévue, un projet personnel ou un objectif à long terme, sans imposition habituelle du retrait.

Mais cette flexibilité comporte une règle essentielle : retirer de l’argent ne permet pas automatiquement de le reverser dans le CELI pendant la même année civile. La date du retrait, les droits de cotisation inutilisés et les versements effectués dans tous vos CELI déterminent ce que vous pouvez réellement cotiser.

En 2026, le plafond annuel est de 7 000 $, mais votre marge personnelle peut être supérieure ou inférieure selon votre admissibilité et votre historique. Utiliser efficacement votre CELI consiste donc à maîtriser ce calendrier, choisir des placements adaptés à vos objectifs et préserver une réserve accessible sans compromettre vos projets futurs.

CELI : les règles essentielles pour préserver votre marge

  • Un retrait effectué pendant une année redonne normalement des droits de cotisation le 1er janvier suivant, et non immédiatement.
  • La marge disponible doit être calculée à partir de l’ensemble des CELI, des cotisations et des retraits, avec un registre personnel actualisé.
  • Un excédent de cotisation entraîne généralement un impôt de 1 % par mois. Une vérification avant chaque versement permet de limiter ce risque.

Pourquoi retirer d’un CELI ne permet-il pas toujours de remettre l’argent immédiatement ?

Un retrait d’un CELI ne libère pas immédiatement une nouvelle marge de cotisation. Le montant retiré est normalement ajouté aux droits disponibles le 1er janvier de l’année suivante. Vous pouvez néanmoins reverser de l’argent pendant l’année du retrait si vous possédez déjà des droits inutilisés suffisants. Sans cette marge, la recontribution risque de créer un excédent imposable.

Cette distinction est importante : le droit de retirer de l’argent et le droit de cotiser sont deux mécanismes différents. Le CELI autorise généralement les retraits sans impôt, mais il n’autorise pas nécessairement le remplacement immédiat des sommes retirées.

Prenons deux situations pédagogiques hypothétiques, en supposant que le titulaire ne possède aucune autre marge inutilisée et que son admissibilité demeure inchangée :

  • Retrait le 15 décembre 2026 : une somme de 4 000 $ est retirée. Elle redonne 4 000 $ de droits le 1er janvier 2027, auxquels s’ajoutent les nouveaux droits annuels applicables.
  • Retrait le 15 janvier 2027 : la même somme de 4 000 $ est retirée. Elle ne redonne de nouveaux droits qu’au 1er janvier 2028.

Dans les deux cas, le montant retiré est identique. C’est le changement d’année civile qui détermine à quel moment il peut être pris en compte pour une nouvelle cotisation.

Il ne faut pas non plus confondre un retrait suivi d’une nouvelle cotisation avec un transfert direct effectué correctement entre institutions financières. Ces opérations n’ont pas nécessairement les mêmes conséquences sur la marge disponible.

Une recontribution trop rapide peut entraîner un impôt mensuel sur l’excédent. Il est donc préférable de vérifier vos droits avant de réinjecter une somme, même si elle provient initialement de votre propre CELI.

Cette précaution devient particulièrement importante lorsque plusieurs opérations surviennent pendant une même année. Un calcul chronologique permet alors de distinguer la marge réellement disponible des retraits qui ne seront récupérables que l’année suivante.

Comment calculer votre marge CELI après plusieurs dépôts et retraits ?

Pour calculer votre marge CELI, additionnez vos droits inutilisés des années précédentes, le nouveau plafond annuel applicable et les retraits admissibles des années antérieures. Soustrayez ensuite toutes les cotisations effectuées pendant l’année courante. Les retraits de cette même année ne doivent pas être ajoutés immédiatement. Le calcul doit englober tous les CELI détenus.

La méthode la plus fiable consiste à reconstituer l’historique des opérations à partir des relevés financiers. L’Agence du revenu du Canada (ARC) précise que les cotisations diminuent immédiatement les droits disponibles, même si elles n’apparaissent pas encore dans votre dossier en ligne.

Selon le calcul des droits de cotisation au CELI par l’ARC, le plafond annuel applicable en 2026 est de 7 000 $. Cette somme ne représente cependant pas nécessairement votre marge personnelle.

Une méthode de calcul pratique consiste à procéder dans cet ordre :

  1. Établir vos droits inutilisés à la fin de l’année précédente, après prise en compte de votre admissibilité et de l’ensemble de vos opérations.
  2. Ajouter le plafond de l’année en cours auquel vous avez droit.
  3. Ajouter les retraits admissibles effectués au cours des années précédentes, sans les compter deux fois.
  4. Soustraire toutes les cotisations de l’année courante, y compris celles réalisées automatiquement ou dans une autre institution.
  5. Vérifier que le solde obtenu demeure suffisant avant tout nouveau versement.

Voici un exemple entièrement hypothétique pour 2026. Une personne admissible possède 3 000 $ de droits inutilisés reportés, a retiré 2 000 $ en 2025 et a déjà cotisé 5 000 $ en 2026. Sa marge restante est de 7 000 $ : 3 000 $ + 2 000 $ + 7 000 $ − 5 000 $.

Si elle retire ensuite 1 500 $ en octobre 2026, sa marge restante demeure de 7 000 $ pour le reste de l’année, en l’absence d’autres opérations. Ces 1 500 $ ne seront réintégrés que le 1er janvier 2027.

Votre tableau de suivi peut comporter les colonnes suivantes : date, institution, type d’opération, montant, droits disponibles avant l’opération et droits disponibles après l’opération. Une ligne distincte pour chaque transaction facilite les vérifications.

Trois situations exigent une attention particulière : les cotisations dans plusieurs institutions, les transferts mal exécutés et les variations de valeur des placements. Les gains et les pertes à l’intérieur du CELI ne constituent pas, à eux seuls, de nouvelles cotisations ou de nouveaux droits. En revanche, le montant effectivement retiré intervient dans le calcul des droits de l’année suivante.

Vérifier votre marge CELI avant une nouvelle cotisation

  1. Rassemblez tous vos relevés CELI et produisez une liste exhaustive des comptes détenus.
  2. Reconstituez les cotisations et retraits par date dans un tableau consolidé.
  3. Calculez les droits disponibles au début de l’année et inscrivez le solde de départ vérifié.
  4. Déduisez les versements de l’année, y compris les cotisations automatisées, et obtenez un solde actualisé.
  5. Comparez ce solde avec les dossiers de l’ARC et des institutions, puis conservez une marge vérifiée avant de cotiser.

Les informations accessibles dans votre compte ARC peuvent présenter un décalage, car les opérations récentes ne sont pas toujours intégrées immédiatement. Les dossiers personnels et les relevés bancaires constituent donc des pièces essentielles pour vérifier le calcul.

Une fois cette marge établie, il reste à décider où placer votre épargne : le CELI n’est pas toujours la seule option pertinente, même lorsqu’il offre un avantage fiscal appréciable.

CELI ou compte ordinaire : lequel utiliser pour une épargne de moyen terme ?

Pour une épargne de moyen terme, le CELI est généralement intéressant lorsque vous disposez de droits de cotisation, recherchez des rendements admissibles à l’abri de l’impôt et souhaitez pouvoir retirer vos fonds sans imposition habituelle. Un compte ordinaire non enregistré peut néanmoins être pertinent si votre marge CELI est épuisée ou si votre stratégie comporte des considérations fiscales particulières.

Le CELI est une enveloppe fiscale, pas un placement en soi. Il peut accueillir de l’épargne en espèces et différents placements admissibles. Le choix dépend donc autant de votre horizon que de votre besoin de sécurité et de liquidité.

Pour comparer ces deux solutions, trois critères comptent : l’imposition des revenus, le traitement fiscal des pertes et les contraintes de cotisation.

CELI et compte non enregistré : comparaison pour une épargne de moyen terme
Critère CELI Compte ordinaire non enregistré
Intérêts Généralement exonérés d’impôt canadien Généralement imposables selon les règles applicables
Dividendes Généralement à l’abri de l’impôt canadien dans le CELI, sous réserve d’exceptions Traitement fiscal variable selon leur provenance et leur admissibilité
Gains en capital Généralement non imposables Règles d’imposition applicables lors de leur réalisation
Pertes en capital Non déductibles fiscalement Peuvent être utilisables selon les règles fiscales applicables
Retraits Généralement non imposables La vente d’un placement peut réaliser un gain ou une perte fiscalement pertinent
Limite de cotisation Droits de cotisation à respecter Pas de plafond de cotisation CELI

Une distinction mérite d’être soulignée : une perte subie dans un CELI diminue la valeur de l’épargne, mais elle ne permet pas de réclamer une perte en capital déductible. Elle ne reconstitue pas non plus automatiquement les droits de cotisation utilisés.

Dans un compte ordinaire, certaines pertes en capital réalisées peuvent, sous conditions, être appliquées à des gains en capital imposables. Cette possibilité ne signifie pas que la perte est récupérée intégralement : son avantage dépend de la situation fiscale.

À l’inverse, les intérêts, dividendes et gains admissibles d’un CELI sont généralement exonérés d’impôt canadien. Les retraits n’augmentent généralement pas le revenu pris en compte pour les prestations et crédits fédéraux fondés sur le revenu, ce qui peut renforcer son intérêt pour une épargne flexible.

Pour un projet prévu dans quelques années, la volatilité du placement peut être plus déterminante que l’avantage fiscal. Un placement risqué susceptible de perdre de la valeur juste avant une dépense importante peut être inadapté, même s’il est détenu dans un CELI.

Avant de transférer une épargne vers un CELI, assurez-vous toutefois que la marge nécessaire existe. Un bon choix de compte ne compense pas les conséquences d’une cotisation excédentaire.

Quelle erreur de cotisation au CELI peut entraîner une pénalité fiscale ?

L’erreur la plus fréquente consiste à reverser pendant la même année une somme précédemment retirée, sans disposer de droits inutilisés suffisants. Cotiser dans plusieurs CELI sans suivre les montants cumulés peut également provoquer un excédent. Celui-ci entraîne généralement un impôt sur l’excédent de cotisation CELI de 1 % par mois, calculé sur le montant excédentaire mensuel maximal.

Un excédent peut survenir sans volonté de contourner les règles. Un titulaire peut, par exemple, effectuer un versement automatique dans une banque et une cotisation ponctuelle dans une autre, en oubliant que ses droits sont partagés entre tous ses CELI.

Une autre confusion porte sur les rendements. Lorsqu’un placement prend de la valeur, cette croissance ne crée pas de nouveaux droits de cotisation. De même, transférer de l’argent d’un CELI à un autre en passant par un retrait personnel puis une nouvelle cotisation peut avoir des conséquences différentes d’un transfert direct correctement effectué entre émetteurs.

1 % par mois

Impôt généralement applicable au montant excédentaire CELI le plus élevé atteint pendant chaque mois concerné. Le retrait de l’excédent ne supprime pas automatiquement l’impôt déjà dû.

Agence du revenu du Canada — règles de l’ARC sur l’imposition des excédents CELI.

L’ARC présente un exemple dans lequel un excédent de 2 000 $, maintenu de juin à septembre inclusivement, entraîne 80 $ d’impôt : 20 $ pour chacun des quatre mois. Même un retrait réalisé pendant le mois de création de l’excédent ne garantit pas l’absence d’impôt pour ce mois.

Si vous constatez une cotisation excédentaire, la priorité est de limiter sa durée. Il convient de retirer rapidement l’excédent, de conserver les preuves des opérations et de vérifier les obligations déclaratives applicables.

L’ARC mentionne notamment la déclaration RC243 et son annexe RC243-SCH-A. Lorsque ces documents sont requis, la déclaration et le paiement doivent généralement être effectués au plus tard le 30 juin de l’année civile suivante.

Dans certaines circonstances, une demande de renonciation à l’impôt ou d’annulation peut être envisagée, notamment lorsqu’une erreur raisonnable est en cause et que des mesures correctives appropriées ont été prises. Cette possibilité relève de l’appréciation de l’ARC : elle ne constitue pas une exemption automatique.

La prévention reste plus simple que la correction : lorsqu’un retrait est planifié, il faut connaître à l’avance la première date à laquelle les sommes pourront être recontribuées sans dépasser la marge.

Quand pouvez-vous recontribuer une somme retirée de votre CELI ?

Vous pouvez normalement recontribuer une somme retirée de votre CELI à compter du 1er janvier de l’année civile suivante, lorsque les droits correspondants sont réintégrés. Une recontribution plus rapide demeure possible si vous disposez déjà d’une marge inutilisée suffisante. Avant chaque versement, vérifiez donc vos droits disponibles, plutôt que de vous fier uniquement au montant retiré.

Il faut distinguer deux situations. La première concerne le remplacement d’un retrait à partir de droits déjà disponibles. La seconde concerne la récupération des droits créés par ce retrait, qui intervient seulement l’année suivante.

Par exemple, dans un scénario hypothétique, une personne possède 6 000 $ de droits inutilisés et retire 4 000 $ de son CELI en mai. Si aucune autre cotisation ne réduit sa marge, elle peut verser jusqu’à 6 000 $ pendant le reste de l’année. Mais ce versement utilise des droits existants : les 4 000 $ retirés ne s’ajouteront aux droits qu’au 1er janvier suivant.

Cette distinction est utile pour les projets de courte durée. Si vous savez qu’une dépense sera suivie d’un remboursement ou d’une rentrée d’argent, anticipez son calendrier afin de ne pas compter deux fois la même marge.

  • Retrait en fin d’année : le délai jusqu’à la réintégration des droits peut être relativement court.
  • Retrait en début d’année : il peut être nécessaire d’attendre presque une année civile complète pour récupérer les droits correspondants.
  • Marge inutilisée conservée : elle peut servir de réserve pour des versements imprévus, sans avancer la date de récupération des droits liés au retrait.

Une attention particulière doit être portée aux versements programmés. Un dépôt automatique mensuel constitue une cotisation ordinaire : il réduit les droits disponibles, même si votre intention est simplement de reconstituer l’épargne retirée quelques mois auparavant.

De la même manière, le remboursement d’une somme empruntée pour alimenter un CELI ou le réinvestissement d’un montant précédemment retiré ne bénéficie pas d’une exemption générale des règles de cotisation.

Une gestion calendaire peut être très simple : consigner la date de chaque retrait, noter l’année de récupération des droits et recalculer les cotisations autorisées avant de modifier un prélèvement automatique.

Cette discipline protège l’avantage fiscal du compte. Elle permet aussi d’intégrer le CELI dans une stratégie plus large, où le choix entre épargne flexible et épargne-retraite dépend notamment du revenu actuel.

REER ou CELI : lequel privilégier lorsque votre revenu est encore modeste ?

Lorsque votre revenu imposable est modeste, le CELI peut être plus avantageux que le REER, car la déduction fiscale immédiate d’une cotisation REER risque d’avoir une valeur limitée. Le CELI ne procure pas de déduction, mais ses retraits sont généralement non imposables. Le choix dépend toutefois de vos taux d’imposition actuels et futurs, de vos prestations et de vos objectifs.

La différence fondamentale se situe dans le moment de l’imposition. Une cotisation admissible au REER peut réduire le revenu imposable, tandis qu’un retrait REER ordinaire est généralement imposable. Pour le CELI, la cotisation ne réduit pas le revenu imposable, mais les retraits admissibles sont généralement exonérés.

La présentation officielle du CELI par l’Agence du revenu du Canada confirme cette différence ainsi que l’absence d’incidence habituelle des retraits CELI sur les prestations et crédits fédéraux fondés sur le revenu.

Si votre taux marginal d’imposition est relativement faible aujourd’hui et potentiellement plus élevé à l’avenir, utiliser votre CELI peut préserver votre flexibilité. Les droits de cotisation REER inutilisés peuvent, quant à eux, être reportés pour une utilisation ultérieure, selon les règles applicables.

Il faut cependant distinguer le report des droits de cotisation REER et le report de la déduction fiscale d’une cotisation déjà effectuée. Ce sont deux décisions différentes, qui peuvent nécessiter une analyse propre à votre situation.

Supposons, à titre purement pédagogique, qu’une personne cotise au REER pendant une année où son revenu imposable est faible, puis retire des sommes pendant une année où son taux d’imposition est plus élevé. L’économie d’impôt initiale pourrait alors être inférieure à l’impôt associé au retrait. Le résultat réel dépendrait notamment des déductions, crédits et prestations applicables.

Le REER ne doit pourtant pas être écarté systématiquement à revenu modeste. Une contribution de l’employeur à un régime d’épargne-retraite, des fluctuations importantes de revenu ou certaines interactions entre le revenu imposable et les prestations peuvent modifier l’arbitrage.

À la retraite, les retraits imposables d’un REER peuvent également influer sur certaines prestations fondées sur le revenu. En revanche, les retraits habituels du CELI n’affectent pas les prestations fédérales mentionnées par l’ARC, dont la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti.

Un conseiller fiscal ou financier peut comparer plusieurs scénarios de revenu, plutôt que de choisir uniquement en fonction de l’économie d’impôt immédiate.

Le choix du compte ne suffit cependant pas à sécuriser un plan d’épargne. Il faut aussi protéger l’argent réservé aux imprévus, même lorsque plusieurs objectifs sont financés à l’intérieur d’un CELI.

Pourquoi utiliser son fonds d’urgence pour un projet personnel peut-il fragiliser vos finances ?

Utiliser votre fonds d’urgence pour financer un projet personnel réduit votre capacité à faire face à une dépense imprévue ou à une baisse de revenu. Si une véritable urgence survient avant la reconstitution de la réserve, vous pourriez devoir emprunter ou vendre des placements au mauvais moment. Le CELI facilite l’accès aux fonds, mais ne supprime pas ce risque financier.

Un fonds d’urgence et une épargne destinée à un projet répondent à deux besoins différents. Le premier sert à absorber des événements incertains et difficiles à prévoir. Le second finance une dépense identifiée, dont le montant et l’échéance peuvent généralement être anticipés.

L’Agence de la consommation en matière financière du Canada recommande idéalement une réserve correspondant à trois à six mois de dépenses habituelles. Ses recommandations pour établir un fonds d’urgence insistent également sur l’accessibilité rapide de l’argent et la prévention des emprunts coûteux.

Cette référence de trois à six mois reste indicative : le montant adapté dépend de la stabilité de vos revenus, de vos charges incontournables et de votre situation personnelle.

Le risque apparaît lorsque les deux objectifs sont confondus. Prenons un exemple hypothétique : une personne dispose d’une réserve de 9 000 $ et utilise 6 000 $ pour un voyage. Peu après, une réparation indispensable de 5 000 $ survient. Les 3 000 $ restants ne suffisent plus, et le recours au crédit devient possible.

Le projet initial peut alors coûter davantage en raison des intérêts d’emprunt. Si l’épargne d’urgence était investie dans des actifs volatils, la vente forcée de placements pourrait également cristalliser une perte.

Une organisation par objectifs réduit ce risque :

  • Réserve d’urgence : conserver une somme facilement accessible, adaptée aux dépenses essentielles et aux risques personnels.
  • Épargne-projet : prévoir un montant et une date cible, avec des placements compatibles avec l’échéance.
  • Épargne à long terme : employer une stratégie distincte, cohérente avec la tolérance au risque et les besoins futurs.

Cette séparation peut être réalisée au moyen de comptes distincts, de sous-comptes lorsque l’institution le permet ou de catégories clairement identifiées dans votre tableau de suivi. Dans tous les cas, plusieurs CELI partagent une seule marge globale de cotisation.

Fixer un seuil minimal de fonds d’urgence aide à décider quelle part de l’épargne peut réellement être consacrée à un projet. Le montant destiné aux urgences doit rester disponible même si un autre objectif devient plus attrayant.

Le cloisonnement des objectifs constitue ainsi une étape indispensable pour transformer la souplesse du CELI en véritable stratégie financière, plutôt qu’en succession de retraits et de versements improvisés.

À retenir pour organiser vos prochains versements

  • Attribuez à chaque objectif une échéance, un montant cible et un degré de priorité avant de mobiliser votre marge CELI.
  • Protégez l’accessibilité de votre fonds d’urgence et adaptez le risque des placements à la date prévue de chaque dépense.
  • Intégrez les retraits passés et futurs dans un calendrier annuel pour éviter de prévoir une recontribution avant que les droits correspondants soient disponibles.

Comment bâtir une planification financière réaliste quand plusieurs objectifs se concurrencent ?

Une planification financière réaliste commence par hiérarchiser les objectifs selon leur importance, leur échéance et leur flexibilité. Il faut ensuite répartir les capacités d’épargne et la marge CELI disponible, sans compromettre les dépenses essentielles ni le fonds d’urgence. Enfin, un calendrier des cotisations et des retraits permet d’ajuster les décisions lorsque les revenus ou les priorités évoluent.

Le CELI peut servir plusieurs objectifs successifs, mais il ne crée pas une marge distincte pour chacun. Une cotisation consacrée à un projet réduit les droits disponibles pour tous les autres projets. Cette contrainte impose une vision globale des décisions d’épargne.

Une méthode simple consiste à classer les objectifs en trois catégories : protection financière immédiate, projets de moyen terme et constitution d’un patrimoine à long terme.

Exemple de hiérarchisation des objectifs d’épargne
Objectif Priorité de gestion Approche possible
Fonds d’urgence Disponibilité et préservation du capital Épargne liquide, dans un CELI ou un compte adapté
Projet personnel à moyen terme Échéance et montant cible Placements compatibles avec la date de dépense
Retraite et long terme Croissance adaptée au risque Arbitrage entre CELI, REER et autres placements

Ce classement n’impose pas de financer intégralement un objectif avant d’amorcer le suivant. Il sert plutôt à éviter qu’un besoin facultatif et proche ne compromette une réserve indispensable ou un engagement financier prioritaire.

Par exemple, une personne pourrait choisir de maintenir une épargne automatique pour sa retraite tout en affectant temporairement une plus grande part de ses nouveaux versements à un projet prévu dans deux ans. Cette répartition doit rester compatible avec sa marge CELI et sa capacité budgétaire.

Le calendrier est aussi important que le montant. Si un retrait CELI est envisagé en décembre, il faut prévoir la réintégration de ses droits au 1er janvier suivant. Si le même retrait est repoussé en janvier, les droits correspondants ne reviendront normalement qu’au début de l’année d’après.

Un tableau de planification peut ainsi relier chaque objectif à quatre informations : le solde d’épargne visé, la date du besoin, la source de financement et les conséquences éventuelles sur les droits de cotisation.

Le plan mérite d’être réexaminé lors d’un changement important de revenu, d’une dépense imprévue, d’un retrait ou du début d’une nouvelle année civile. Le plafond CELI est actualisé selon les règles applicables, tandis que les droits personnels dépendent également de l’admissibilité et de l’historique. Il ne faut donc jamais présumer que la marge augmente automatiquement du même montant pour tous les particuliers.

Une planification efficace accepte aussi les compromis. Préserver des liquidités peut conduire à renoncer temporairement à un placement plus risqué. Financer un projet peut réduire les sommes immédiatement disponibles pour la retraite. Ces arbitrages doivent être explicites plutôt que subis.

La prochaine étape consiste à mettre à jour vos relevés, définir le montant de votre réserve d’urgence et inscrire vos futurs versements dans un calendrier. Vous pourrez ainsi exploiter la flexibilité du CELI tout en préservant vos droits de cotisation et en limitant le risque d’erreur fiscale.

Questions fréquentes sur la marge et l’utilisation du CELI
Peut-on avoir plusieurs CELI dans différentes banques ?

Oui, vous pouvez détenir plusieurs CELI auprès de différentes institutions financières. Cependant, tous ces comptes partagent les mêmes droits de cotisation personnels. Chaque versement doit donc être intégré à un calcul global pour éviter un excédent. Un relevé consolidé de vos opérations facilite ce suivi.

Les intérêts et les gains réalisés dans un CELI augmentent-ils la marge de cotisation ?

Non. Les gains de placement ne créent pas directement de nouveaux droits de cotisation. Ils augmentent la valeur du compte, sans modifier par eux-mêmes la marge disponible. Si vous retirez des fonds, c’est généralement le montant admissible effectivement retiré qui sera ajouté aux droits le 1er janvier de l’année suivante.

Peut-on transférer son CELI dans une autre institution sans perdre de droits ?

Un transfert direct correctement effectué entre émetteurs de CELI ne constitue généralement pas une nouvelle cotisation et ne consomme pas de droits supplémentaires. En revanche, retirer personnellement l’argent pour le déposer dans un autre CELI peut être traité comme une nouvelle cotisation. Il est préférable de demander à l’institution destinataire d’organiser le transfert direct et de vérifier les frais éventuels.

Que se passe-t-il si la valeur des placements dans le CELI diminue ?

Une baisse de valeur ne redonne pas les droits utilisés lors des cotisations et ne permet généralement pas de déduire fiscalement les pertes. Elle diminue simplement la valeur du compte. Si vous retirez le solde restant, les droits récupérés l’année suivante correspondent normalement au montant effectivement retiré, et non à votre investissement initial.

Le montant indiqué dans Mon dossier de l’ARC est-il toujours à jour ?

Non. Les renseignements sur les CELI sont mis à jour avec un décalage et peuvent ne pas refléter vos dernières cotisations ou vos derniers retraits. L’ARC recommande d’utiliser vos dossiers financiers personnels pour calculer vos droits et de comparer les transactions déclarées par les institutions. Une opération récente doit être prise en compte même si elle n’apparaît pas encore dans Mon dossier.

Rédigé par Nadia Rahman, Chercheuse documentaire focalisée sur les finances personnelles, la fiscalité courante et l'organisation des démarches administratives. Elle distingue règles générales, mécanismes, échéances et conséquences pratiques en s'appuyant sur des informations vérifiables et contextualisées. Le lecteur peut ainsi mieux comprendre ses options et identifier les éléments qui nécessitent une vérification adaptée à sa propre situation.