Une personne passe un bâton d'encens fumant le long du joint d'une fenêtre pour repérer une infiltration d'air dans une maison canadienne en hiver.
Publié le 30 octobre 2026

Une maison peut être correctement chauffée et rester inconfortable en hiver. Des courants d’air près des fenêtres, des planchers froids ou des différences de température entre les pièces signalent parfois des défauts d’étanchéité de l’enveloppe. Ces infiltrations obligent le chauffage à compenser l’arrivée d’air extérieur et peuvent accentuer les pertes énergétiques.

Pour améliorer la situation, il faut repérer les fuites, choisir les interventions adaptées et vérifier que le renouvellement d’air reste suffisant. Une maison plus étanche n’est pas nécessairement une maison mieux ventilée : en supprimant les entrées d’air accidentelles, on modifie aussi les échanges qui contribuaient auparavant, de manière irrégulière, à évacuer l’humidité et les polluants intérieurs.

Dans le climat canadien, où les écarts de température entre l’intérieur et l’extérieur peuvent être importants, cette distinction est essentielle. Une stratégie efficace combine étanchéité à l’air, isolation thermique et ventilation maîtrisée, sans chercher à éliminer aveuglément toutes les circulations d’air.

Réduire les infiltrations sans compromettre la qualité de l’air

  • Rechercher les fuites aux ouvertures, jonctions de l’enveloppe, accès au grenier et traversées techniques avant d’engager des travaux coûteux.
  • Utiliser des mastics, des coupe-froids ou des solutions d’étanchéité adaptées à la nature des défauts constatés.
  • Vérifier la ventilation et la sécurité des appareils à combustion avant et après des travaux importants d’étanchéité.

Pourquoi quelques infiltrations d’air suffisent-elles à refroidir certaines pièces ?

Quelques infiltrations d’air peuvent refroidir sensiblement une pièce parce qu’elles introduisent de l’air extérieur à basse température à proximité des occupants. Même lorsque le thermostat indique une température satisfaisante, ces mouvements d’air créent un inconfort localisé. Leur intensité dépend notamment du vent, des différences de pression et de l’emplacement des ouvertures dans l’enveloppe.

Dans une maison chauffée, l’air froid qui pénètre par une fissure doit être réchauffé pour maintenir la température intérieure. Le système de chauffage compense cet apport d’air extérieur, mais cette compensation ne fait pas nécessairement disparaître la sensation de courant d’air au niveau des pieds, près d’une porte ou devant une fenêtre.

Il faut ainsi distinguer la température mesurée par le thermostat et le confort thermique réellement ressenti. Un thermostat placé dans un couloir peut afficher une température stable alors que l’air se déplace rapidement près d’une plinthe dans une chambre. La vitesse de l’air et la température des surfaces environnantes influencent alors le confort indépendamment de la température moyenne de la maison.

En hiver, l’effet de cheminée accentue souvent ces différences. L’air intérieur chauffé tend à monter et peut s’échapper par des ouvertures situées dans les parties supérieures du bâtiment. Cette sortie favorise l’entrée d’air extérieur aux niveaux inférieurs. Le phénomène est décrit dans .

Une maison peut donc présenter des infiltrations plus perceptibles au sous-sol ou au rez-de-chaussée que dans les pièces situées à l’étage. Le vent et le fonctionnement des ventilateurs d’extraction peuvent modifier cette répartition.

De petites ouvertures réparties à plusieurs endroits peuvent produire des pertes d’air significatives lorsqu’elles sont soumises à des différences de pression. Leur contribution réelle aux déperditions doit toutefois être évaluée selon la configuration du bâtiment : la taille apparente d’une fissure ne suffit pas à déterminer son importance énergétique.

La localisation des fuites constitue donc la première étape avant toute intervention. Elle permet de distinguer un problème d’étanchéité d’un défaut d’isolation ou d’une combinaison des deux.

Comment repérer les infiltrations autour des fenêtres, portes et prises électriques ?

Pour repérer les infiltrations d’air, commencez par inspecter les joints de fenêtres, les contours de portes, les plinthes et les traversées de câbles ou de tuyaux. Par temps froid ou venteux, les mouvements d’air deviennent souvent plus perceptibles. Des tests simples permettent de repérer les zones suspectes, tandis qu’un test d’infiltrométrie professionnel quantifie l’étanchéité globale.

L’inspection visuelle peut révéler des mastics fissurés, des coupe-froids usés ou des ouvertures entre les matériaux. En passant lentement la main près d’un joint, il est parfois possible de sentir un filet d’air froid. Cette méthode reste indicative : une surface froide peut aussi résulter d’une isolation insuffisante, sans infiltration directe.

Le test de la feuille de papier est particulièrement accessible pour les portes et fenêtres ouvrantes. Il consiste à placer une feuille entre l’ouvrant et son cadre, puis à fermer normalement l’élément. Si la feuille se retire facilement à certains endroits, la compression du joint peut être insuffisante. La résistance dépend toutefois du type de joint et du mécanisme de fermeture : ce test ne constitue pas une mesure normalisée.

Un bâtonnet d’encens permet également de visualiser certains mouvements d’air : une déviation de la fumée près d’un joint peut indiquer une circulation. Ce test doit être effectué avec prudence, loin des matériaux inflammables, des détecteurs sensibles et des personnes incommodées par la fumée. Il n’identifie pas automatiquement l’origine exacte d’une fuite.

Les points faibles ne se limitent pas aux ouvertures visibles. Il faut examiner les trappes d’accès au grenier, les sorties de sécheuse, les passages de plomberie, les pénétrations électriques et les jonctions entre les murs, les planchers et les fondations. Autour des prises électriques, l’inspection doit rester non invasive : les boîtiers ne doivent pas être ouverts ni modifiés sous tension.

Certains indices indirects méritent aussi une attention particulière : givrage localisé, condensation persistante, poussières accumulées près d’une jonction ou différence marquée de température entre deux portions d’un même mur. Aucun de ces signes ne prouve isolément une infiltration. Ils permettent surtout de sélectionner les zones à examiner.

Lorsque les fuites restent difficiles à localiser ou qu’une rénovation importante est prévue, un professionnel peut réaliser un test d’infiltrométrie au moyen d’une porte soufflante. Cette méthode mesure les échanges d’air sous une différence de pression contrôlée. Elle peut être complétée par des moyens de localisation, mais le résultat global ne suffit pas, à lui seul, à prescrire les réparations.

Checklist pour établir un premier diagnostic d’infiltration

  1. Inspecter les fenêtres et les portes, puis consigner les joints fissurés ou déformés dans une liste de points suspects.
  2. Effectuer le test de la feuille sur les ouvrants accessibles et noter les endroits où la résistance paraît insuffisante.
  3. Examiner visuellement les trappes, sorties d’air et traversées techniques, puis compléter un relevé des ouvertures visibles.
  4. Repérer les signes de condensation, de givre ou de courants d’air et les reporter sur un croquis des pièces concernées.
  5. Classer les anomalies selon leur accessibilité et leur gravité apparente afin de constituer une liste d’interventions à confirmer.

Une fois les zones suspectes identifiées, la décision ne doit pas porter immédiatement sur le remplacement des éléments. Une réparation localisée peut parfois suffire, tandis que des défauts cachés dans l’enveloppe nécessitent une investigation plus approfondie.

Calfeutrage ou rénovation complète : quelle solution choisir selon l’origine des fuites ?

Le calfeutrage convient généralement aux fuites localisées dans des joints fixes accessibles, tandis que les coupe-froids sont destinés aux portes et fenêtres ouvrantes. Une rénovation plus importante devient pertinente lorsque les défauts concernent plusieurs couches de l’enveloppe, des assemblages détériorés ou des infiltrations impossibles à corriger durablement depuis la surface.

Le choix dépend d’abord de l’origine de la fuite, puis de l’état des matériaux et de l’accessibilité de la zone. Une jonction ouverte entre un cadre et un mur ne demande pas nécessairement le remplacement de la fenêtre. À l’inverse, appliquer du mastic sur une structure humide ou dégradée risque de masquer le problème sans le résoudre.

Trois familles de produits répondent à des situations différentes :

  • Les mastics de calfeutrage servent à obturer certains joints fixes entre matériaux compatibles. Leur durabilité dépend de la préparation des surfaces, de la géométrie du joint et du respect des conditions d’application.
  • Les coupe-froids assurent l’étanchéité des parties mobiles. Ils doivent pouvoir se comprimer sans empêcher la fermeture ou le fonctionnement des ouvrants.
  • Les mousses expansives adaptées peuvent remplir certaines cavités ou ouvertures plus importantes. Leur utilisation exige de tenir compte de l’expansion, de l’exposition aux conditions ambiantes et des exigences de sécurité incendie.

Les ouvertures proches des cheminées, des conduits chauds ou des équipements de combustion nécessitent des solutions expressément compatibles avec ces usages. Un produit courant de calfeutrage ou de mousse expansive ne doit pas être employé sans vérifier ces contraintes.

La distinction entre réparation ponctuelle et intervention sur l’enveloppe peut être résumée ainsi :

Choisir une intervention selon la nature des infiltrations
Critère Réparation localisée Rénovation de l’enveloppe
Type de défaut Joint accessible, coupe-froid usé, petite ouverture identifiable Fuites diffuses, assemblage dégradé, défauts cachés ou récurrents
Intervention possible Calfeutrage, remplacement de joint ou réparation ciblée Reprise d’assemblages, des membranes ou de composants du bâtiment
Diagnostic nécessaire Vérification locale et contrôle du support Évaluation de l’enveloppe, de l’humidité et des interactions entre matériaux
Limite principale Ne corrige pas les défauts structurels ou cachés Travaux plus complexes, dont la portée doit être justifiée

Le remplacement complet d’une fenêtre ne constitue donc pas systématiquement la meilleure première intervention. Une fenêtre dont le vitrage et le cadre restent en bon état peut laisser passer de l’air par son périmètre d’installation. Dans ce cas, la réparation du raccord entre le cadre et le mur peut être pertinente.

En revanche, une menuiserie déformée, fortement dégradée ou incapable d’assurer une fermeture correcte peut nécessiter une intervention plus lourde. Les performances thermiques du vitrage doivent alors être examinées séparément de l’étanchéité à l’air.

Au Canada, certains programmes fédéraux ou provinciaux peuvent soutenir des améliorations énergétiques admissibles. Leur disponibilité, les critères d’évaluation préalable, les travaux couverts et les montants évoluent. Ces conditions doivent être vérifiées auprès des administrateurs des programmes au moment du projet, sans présumer de l’admissibilité des travaux.

Une intervention bien ciblée améliore l’étanchéité sans multiplier inutilement les travaux. Elle modifie néanmoins les échanges d’air du logement, ce qui impose d’examiner la ventilation avant d’étendre les réparations à l’ensemble de la maison.

Pourquoi rendre une maison plus étanche sans revoir la ventilation peut-il poser problème ?

Rendre une maison plus étanche sans vérifier sa ventilation peut réduire le renouvellement d’air qui se produisait auparavant par les fissures de l’enveloppe. L’humidité et certains polluants risquent alors de s’accumuler. Dans les logements comportant des appareils à combustion, une mauvaise gestion des pressions peut également perturber l’évacuation des gaz brûlés.

Les infiltrations assurent parfois une partie du renouvellement d’air dans les maisons anciennes, mais elles ne constituent pas une ventilation fiable. Leur débit dépend des conditions météorologiques, des différences de température et du fonctionnement des équipements mécaniques. Elles peuvent être importantes durant une journée venteuse et beaucoup plus faibles dans d’autres circonstances.

L’objectif n’est donc pas de conserver volontairement des fissures pour faire respirer la maison. Il consiste à remplacer les échanges accidentels par des apports et des extractions d’air adaptés aux besoins du bâtiment et de ses occupants.

La explique notamment le rôle des différences de pression dans les infiltrations et l’importance d’une ventilation mécanique suffisante dans les habitations étanches.

Lorsque le renouvellement d’air est insuffisant, l’humidité produite par les douches, la cuisson, le séchage du linge et les occupants peut devenir plus difficile à évacuer. Sur des surfaces suffisamment froides, elle peut se condenser, particulièrement pendant l’hiver canadien.

Une condensation répétée favorise la dégradation de certains matériaux et peut contribuer au développement de moisissures. Toutefois, une vitre embuée ne démontre pas à elle seule un défaut de ventilation : la température du vitrage, l’humidité intérieure et les conditions extérieures interviennent également.

La question est particulièrement importante dans une maison équipée d’un foyer, d’une chaudière ou d’un chauffe-eau à tirage naturel. Les ventilateurs d’extraction, la hotte de cuisine ou d’autres équipements peuvent contribuer à une dépressurisation intérieure. Dans certaines conditions, celle-ci peut perturber le tirage et provoquer un refoulement des gaz de combustion.

Avant des travaux majeurs d’étanchéité, les appareils à combustion et les besoins d’air de compensation doivent être évalués par un professionnel qualifié. Les avertisseurs de monoxyde de carbone appropriés constituent une mesure de sécurité complémentaire, mais ne remplacent ni l’inspection ni la correction d’un défaut de tirage.

Après les travaux, plusieurs signes justifient une vérification : odeurs persistantes, sensation d’air stagnant, humidité anormalement élevée, condensation récurrente ou taches d’humidité dans les angles des pièces. Il faut rechercher la cause de ces symptômes plutôt que d’augmenter automatiquement la ventilation sans diagnostic.

Le contrôle de la ventilation doit accompagner les travaux d’étanchéité, et non être considéré comme une correction facultative après l’apparition de problèmes. Cette vérification fait partie de l’évaluation des résultats d’une rénovation.

Quand contrôler l’étanchéité d’une maison après une rénovation de l’enveloppe ?

L’étanchéité d’une maison devrait être contrôlée dès la fin des travaux pour vérifier la qualité des interventions et repérer les fuites résiduelles. Une seconde observation après le premier hiver complet permet d’évaluer le comportement du bâtiment dans des conditions froides. Des inspections périodiques restent ensuite utiles, car les joints et les coupe-froids peuvent se dégrader.

Le contrôle immédiat porte d’abord sur les zones traitées. Les mastics doivent présenter une application continue et adhérer correctement aux supports. Les coupe-froids doivent rester en contact avec les éléments mobiles sans compromettre leur fonctionnement. Les jonctions réparées doivent être examinées pour vérifier qu’aucune ouverture évidente n’a été laissée.

Lorsque le projet le justifie, un test d’infiltrométrie réalisé avant et après les travaux permet d’établir une comparaison objective. Le résultat est généralement exprimé en renouvellements d’air par heure sous une pression d’essai définie, notamment à 50 pascals. Cette valeur de mesure ne correspond pas directement au renouvellement d’air naturel quotidien du logement.

Pour comparer les deux résultats, il faut utiliser des méthodes et des conditions d’essai cohérentes. Une amélioration de l’indicateur global confirme une réduction mesurée des fuites sous les conditions du test, mais elle ne garantit pas que toutes les zones sont correctement réparées ni que la ventilation répond aux besoins des occupants.

Le premier hiver suivant la rénovation fournit des observations complémentaires. Il permet de vérifier les sensations de courant d’air lorsque les écarts de température sont importants, mais aussi de surveiller la condensation, l’humidité intérieure et le fonctionnement des équipements de ventilation.

Une inspection périodique devrait notamment porter sur les joints exposés aux mouvements des matériaux, les seuils de portes, les coupe-froids comprimés et les raccords ayant déjà présenté une défaillance. La fréquence doit être adaptée à l’état des éléments, à leur exposition et aux recommandations des fabricants, plutôt qu’à un calendrier universel non justifié.

Le contrôle final doit également inclure le fonctionnement des extracteurs, les entrées d’air prévues et, lorsqu’il existe, le système de ventilation mécanique. Si des travaux ont sensiblement modifié les échanges d’air, une évaluation des débits et des pressions peut être nécessaire.

Des infiltrations moins perceptibles constituent un résultat encourageant, mais ne résument pas la performance de l’enveloppe. Une pièce peut rester froide même lorsque les fuites d’air ont été corrigées, notamment si ses parois présentent une isolation insuffisante.

Pourquoi une maison bien chauffée peut-elle conserver des murs et planchers froids ?

Une maison peut conserver des murs et des planchers froids malgré un chauffage suffisant lorsque son isolation thermique est insuffisante ou que certaines jonctions présentent des ponts thermiques. Le chauffage maintient la température de l’air, mais il ne supprime pas les transferts de chaleur à travers les parois. Des infiltrations peuvent aggraver localement cette situation.

Il faut distinguer deux phénomènes : l’infiltration d’air et la transmission de chaleur à travers les matériaux. Le premier correspond au passage d’air par des ouvertures. Le second concerne les pertes par conduction au travers des murs, des planchers, des fenêtres ou d’autres éléments de l’enveloppe.

Un système de chauffage peut fournir suffisamment d’énergie pour maintenir la température intérieure souhaitée tout en laissant la face intérieure d’une paroi relativement froide. Une personne assise près de ce mur peut alors ressentir un inconfort lié aux échanges radiatifs, même si l’air ambiant est correctement chauffé.

Cette situation se rencontre notamment au-dessus d’un vide sanitaire non chauffé, à proximité d’un sous-sol mal isolé ou contre un mur adjacent à un garage. Dans ces configurations, les défauts d’isolation et les infiltrations peuvent coexister. Les jonctions entre matériaux méritent une attention particulière, car elles peuvent réunir plusieurs mécanismes de déperdition.

Augmenter le thermostat peut compenser partiellement l’inconfort, mais cette solution accroît les besoins de chauffage sans résoudre la faiblesse de l’enveloppe. Le traitement durable nécessite d’identifier si le problème provient principalement d’une fuite d’air, d’une faible résistance thermique ou d’un pont thermique.

Un thermomètre infrarouge peut aider à comparer les températures de surface de zones similaires. Les mesures doivent toutefois être interprétées avec prudence : la nature des revêtements, leur émissivité, l’ensoleillement, la circulation d’air et la présence de meubles influencent les résultats.

Une différence de température constitue donc un indice utile, mais pas un diagnostic complet. Dans certaines situations, une inspection approfondie des assemblages ou une thermographie réalisée dans des conditions adaptées peut être pertinente.

Cette distinction prend une importance particulière autour des fenêtres. Le froid ressenti à proximité d’un vitrage ne provient pas nécessairement d’une fuite : les caractéristiques thermiques du verre et du cadre jouent également un rôle.

Pourquoi le triple vitrage réduit-il la sensation de froid près des fenêtres ?

Le triple vitrage peut réduire la sensation de froid près d’une fenêtre parce qu’il limite les transferts thermiques et maintient généralement une température de surface intérieure plus élevée qu’un vitrage moins performant. Cela réduit l’inconfort radiatif et les mouvements d’air descendants liés au refroidissement de l’air contre la vitre. Son efficacité dépend toutefois de l’ensemble de la fenêtre et de son installation.

Lorsqu’une vitre intérieure est froide, le corps humain échange davantage de chaleur par rayonnement avec cette surface. L’air au contact du vitrage peut également se refroidir, devenir plus dense et descendre le long de la fenêtre, créant un mouvement de convection parfois ressenti comme un courant d’air.

Un vitrage plus performant limite ces effets en réduisant les transferts de chaleur. Cependant, la performance thermique du vitrage ne doit pas être confondue avec l’étanchéité à l’air de la fenêtre.

Une fenêtre à triple vitrage peut laisser passer de l’air au niveau de son cadre, de ses joints mobiles ou de sa jonction avec le mur. Inversement, une fenêtre à double vitrage correctement installée peut être relativement étanche à l’air tout en présentant des performances thermiques inférieures à celles d’un ensemble plus isolant.

Les explications techniques de Ressources naturelles Canada sur le rendement des fenêtres distinguent notamment les pertes liées à la conduction, à la convection, au rayonnement et aux fuites d’air. Cette distinction est essentielle pour comprendre pourquoi une amélioration du vitrage ne corrige pas nécessairement les défauts de pose.

Le bilan énergétique d’une fenêtre dépend également des gains solaires. Selon les caractéristiques du verre, de ses couches de traitement et de son orientation, un triple vitrage peut laisser entrer moins d’énergie solaire qu’un double vitrage à haute performance. Cette différence n’est pas systématique et doit être examinée à partir des caractéristiques des produits réellement comparés.

Dans une maison canadienne, le choix entre double et triple vitrage doit donc tenir compte du climat, de l’orientation, de la performance de l’ensemble cadre-vitrage, des conditions de pose et des objectifs de confort.

Avant d’envisager un remplacement complet, il est raisonnable de vérifier les coupe-froids, les mécanismes de fermeture et le raccord entre le cadre et la paroi. Si ces éléments sont défectueux, une intervention ciblée peut améliorer l’étanchéité sans changer immédiatement le vitrage.

Une fois les principales fuites corrigées et les parois améliorées, le renouvellement d’air doit être assuré de façon intentionnelle. La récupération de chaleur offre une possibilité de limiter les pertes associées à cette ventilation nécessaire.

À retenir avant de choisir un système de ventilation

  • Une enveloppe plus étanche réduit les échanges d’air accidentels, mais ne supprime pas les besoins de renouvellement d’air.
  • Le dimensionnement d’un système dépend des caractéristiques du logement, des débits nécessaires et des installations existantes.
  • Les économies de chauffage et la qualité de l’air dépendent autant de l’installation et des réglages que des performances annoncées de l’équipement.

Comment la récupération de chaleur réduit-elle les pertes d’énergie pendant l’hiver canadien ?

Un ventilateur récupérateur de chaleur (VRC) réduit les pertes d’énergie liées à la ventilation en transférant une partie de la chaleur de l’air intérieur extrait vers l’air neuf provenant de l’extérieur. Pendant l’hiver canadien, ce préchauffage diminue l’énergie nécessaire pour amener l’air entrant à une température confortable, tout en assurant un renouvellement d’air organisé.

Un VRC comporte deux circuits d’air qui traversent un échangeur thermique. L’air vicié provenant de la maison transmet une partie de sa chaleur à l’air extérieur entrant, sans que les deux flux doivent normalement se mélanger dans l’échangeur. L’air neuf est ensuite distribué dans le logement, tandis que l’air extrait est rejeté à l’extérieur.

Ce fonctionnement permet de dissocier le renouvellement d’air des infiltrations accidentelles. Plutôt que de laisser le vent et les différences de pression déterminer les échanges d’air, le système organise l’admission et l’extraction selon des débits réglés.

La récupération de chaleur ne signifie toutefois pas une suppression totale des pertes. Une partie de l’énergie demeure évacuée, et les ventilateurs consomment de l’électricité. Les résultats réels dépendent notamment du rendement de l’échangeur, des températures, des débits, des conditions de dégivrage et de la qualité de l’installation.

Un système mal équilibré peut également créer des différences de pression indésirables. C’est pourquoi le réglage des débits d’admission et d’extraction doit être adapté au bâtiment et tenir compte des autres équipements de ventilation ainsi que des éventuels appareils à combustion.

Dans une maison existante, l’installation peut nécessiter de nouvelles gaines, des raccordements à un réseau compatible ou l’étude de solutions décentralisées. La faisabilité dépend de l’espace disponible, de la distribution des pièces, des accès techniques et des besoins de ventilation. Un VRC n’est donc pas automatiquement la meilleure solution pour toutes les habitations.

L’entretien influence directement le fonctionnement de l’appareil. Les recommandations de Ressources naturelles Canada concernant les VRC et VRE prévoient notamment le nettoyage régulier des filtres et un entretien périodique de l’équipement, en respectant les instructions du fabricant.

Le suivi des filtres, du noyau d’échange et des conduits permet de limiter les dégradations de fonctionnement liées à l’encrassement. Les composants ne doivent pas tous être nettoyés de la même manière : les méthodes autorisées varient selon les modèles et les matériaux.

Un appareil certifié et correctement entretenu peut contribuer à une ventilation plus prévisible, mais sa certification ne garantit pas à elle seule la performance de l’ensemble installé. Le réseau de distribution, l’équilibrage et les commandes influencent également le résultat.

La prochaine étape consiste à faire établir un diagnostic cohérent de l’enveloppe et de la ventilation : repérage des fuites prioritaires, évaluation des appareils existants, vérification des risques de dépressurisation et estimation des débits nécessaires. Cette approche permet de planifier les travaux d’étanchéité et les éventuelles améliorations de ventilation comme un seul projet technique.

Questions fréquentes sur l’étanchéité et la ventilation des maisons
Peut-on rendre une maison trop étanche ?

Une bonne étanchéité n’est pas problématique en elle-même. Les difficultés apparaissent lorsque le renouvellement d’air, la gestion de l’humidité ou la sécurité des appareils à combustion ne sont pas adaptés à la nouvelle situation. Une maison très étanche peut fonctionner correctement avec une ventilation conçue, réglée et entretenue pour ses besoins.

Faut-il laisser certaines fenêtres entrouvertes en hiver pour éviter l’humidité ?

Ouvrir ponctuellement une fenêtre peut aider à évacuer une accumulation d’humidité, mais cette pratique ne remplace pas nécessairement une ventilation régulière et adaptée. Elle entraîne également des pertes de chaleur. En cas de condensation persistante, il convient de vérifier la production d’humidité, le fonctionnement des extracteurs et les températures des surfaces concernées.

Un test d’infiltrométrie est-il obligatoire avant des travaux de calfeutrage ?

Un test professionnel n’est pas indispensable pour identifier chaque petit joint défectueux. Il devient particulièrement utile pour établir l’état initial de l’enveloppe, préparer une rénovation importante ou mesurer le résultat des travaux. Son caractère obligatoire dépend des exigences réglementaires ou des programmes applicables au projet et doit être vérifié localement.

Comment distinguer un courant d’air d’une surface de fenêtre simplement froide ?

Un mouvement d’air perceptible près des joints ou confirmé par une méthode de détection adaptée suggère une infiltration. Une sensation de froid uniforme près du vitrage peut plutôt provenir de sa faible température de surface et de la convection descendante. Les deux phénomènes peuvent se cumuler. Une inspection des joints et une évaluation thermique permettent de mieux les différencier.

Peut-on installer un ventilateur récupérateur de chaleur dans une maison ancienne ?

Oui, une installation peut être envisagée dans une maison existante, sous réserve de sa faisabilité technique. Il faut notamment vérifier les possibilités de passage des conduits, la distribution de l’air, l’emplacement de l’appareil, les débits nécessaires et les interactions avec les systèmes déjà présents. Une évaluation professionnelle permet de déterminer si un VRC centralisé ou une autre solution de ventilation est approprié.

Rédigé par Julien Bouchard, Curateur d'information spécialisé dans l'habitat canadien, la rénovation résidentielle et la performance de l'enveloppe du bâtiment. Il organise les données techniques autour des causes, conséquences, solutions possibles et vérifications nécessaires avant des travaux. Ses contenus donnent au lecteur des repères documentés pour comprendre les options sans présenter une solution technique comme universellement applicable.